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La RSE en Chine: Une prise de conscience émerge mais il reste du chemin à faire

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#China #CSR #Reporting
La Responsabilité Sociétale des Entreprises en Chine….vaste et ambigu sujet qui déchaine les passions et peut provoquer (au choix) l’incrédulité, l’ironie ou l’agacement. Pourtant malgré les scandales sur les pratiques sociales, environnementales et éthiques des entreprises chinoises, un petit nombre d’entre elles tente de jouer la carte de la transparence et de la responsabilité. Sous l’impulsion du 12ème plan du Parti Communiste (2011-2015) qui place le Développement Durable comme « priorité nationale », ces entreprises ont compris que la RSE pouvait les aider à rester concurrentielles à l’international et à répondre aux limites des ressources de leur pays. L’étude des deux rapports, “Business & Sustainability” in China et “Emerging Best Practices of Chinese Globalizers”, va nous permettre d’analyser cette douce prise de conscience et de lister les nombreuses pistes d’améliorations possibles.


Une douce prise de conscience

Selon un sondage international réalisé par « The Conference Board », {{LNK|The Conference Board CEO Challenge 2011 Survey|http://www.conference-board.org/webcasts/ondemand/webcastdetail.cfm?webcastid=2532}}, mesurant les challenges les plus importants auxquels sont aujourd’hui confrontés les dirigeants d’entreprises, le challenge du Développement Durable a un meilleur classement en Chine que dans tous les autres pays du monde.

Surprenant ? Pas forcément. En effet, la Responsabilité Sociale des Entreprises émerge doucement en Chine.

« Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité », disait Victor Hugo dans Paris et Rome. Depuis plus de 10 ans que la Chine a rejoint l’OMC, beaucoup d’entreprises chinoises se sont étendues aux marchés internationaux, avec les poids et les responsabilités qui y sont associées. Comprenant que la croissance actuelle n’est pas soutenable sur le plan social ou environnemental, et prenant conscience des dégâts occasionnés, un petit nombre d’entre elles commence à s’intéresser à la RSE…

Certains leaders chinois tentent ainsi de répondre aux enjeux que la Chine devra affronter demain, et sont principalement motivés par le besoin de s’adapter aux changements de priorités du gouvernement, de différencier leur marque par rapport aux consommateurs chinois, d’améliorer leur réputation et de retenir une main d’œuvre qualifiée. Ils centralisent leurs efforts sur les thématiques d’environnement et de gouvernance, les champs d’actions les plus sensibles en Chine étant sans surprise la qualité et la sureté des produits, la santé publique, les conditions de travail, la concurrence et la prévention de la corruption.

Les pressions des parties prenantes sont par ailleurs de plus en plus fortes sur ces sujets : gouvernements central et locaux, employés, mais aussi médias et opinion publique via les réseaux sociaux. Les ONGs et les clients ont, par contre, moins de pouvoir qu’en Occident, bien que les {{LNK|consommateurs soient de plus en plus demandeurs de marques éthiques et écolos|http://www.elcamedia.com/blog/?p=85}}. Mais qu’en est-il réellement sur le terrain?


Encore du chemin à faire

Certes, les quelques entreprises leaders sur le sujet ont bien assimilé les enjeux et retombées de leurs actions, comme le prouve ce document du World Economic Forum reprenant les bonnes pratiques « citoyennes » des 100 plus grandes entreprises chinoises : {{LNK|Emerging Best Practices of Chinese Globalizers|http://www.weforum.org/reports/emerging-best-practices-chinese-globalizers-corporate-global-citizenship-challenge}}. Mais les bonnes intentions ont parfois du mal à être formalisées par des stratégies planifiées, d’autant plus que ces entreprises ne forment malheureusement encore qu’une minorité.

D’après le sondage {{LNK|Business & Sustainability in China|http://www.conference-board.org/publications/publicationdetail.cfm?publicationid=2054}}, la moitié des entreprises sondées par The Conference Board (75% d’entreprises chinoises, 25% d’entreprises étrangères implantées en Chine) déclarent avoir une stratégie concrète pour guider leurs actions RSE en Chine. Or, les moyens mis en œuvre sont généralement sous-évalués par rapport à l’ampleur de la tâche : 42% des sondés expliquent ainsi qu’ils ont une personne dédié à la RSE dans leur entreprise et 32% seulement y ont dédié un budget. Ce décalage entre stratégie et implémentation est manifeste, surtout dans les entreprises Chinoises.

Un exemple représentatif entre tous : le fameux rapport Développement Durable. Rares sont les entreprises chinoises qui en font (principalement celles cotées en Bourse), encore plus rares sont celles qui avancent des données vérifiables. De grosses insuffisances peuvent être remarquées dans les entreprises industrielles qui n’ont pas de systèmes de management environnemental en place, et ne peuvent donc pas faire de reporting sur leurs KPIs environnementaux : matériaux, énergie, eau et déchets principalement. Le calcul et la régulation des émissions de gaz à effet de serre posent également problème. Malgré les objectifs ambitieux du 12ème Plan Quinquennal chinois, moins de 30% des entreprises chinoises mesurent leurs émissions de carbone, exemple flagrant de la différence entre aspirations et réalité du terrain…

Les entreprises chinoises sont donc généralement à la traîne et mal organisées, ce qui peut s’expliquer par 3 challenges principaux :

• Certaines entreprises ont encore du mal à appréhender le concept de RSE, et à le dissocier de la simple philanthropie. En effet, les meilleures initiatives RSE sont celles qui bénéficient à la fois à la société mais également à l’entreprise, afin d’être durable économiquement.

• La réticence à communiquer des informations claires et précises au grand public est le deuxième frein majeur. Une discussion plus ouverte des pratiques d’une l’entreprise devrait l’aider à construire une stratégie cohérente et des partenariats plus solides pour au final de meilleurs résultats dans sa RSE.

• Le troisième frein est un contexte de moins en moins favorable à l’innovation pour les entreprises Chinoises. En effet, depuis 30 ans beaucoup d’entreprises ont dû leur succès au copiage des pratiques des entreprises occidentales. Ce schéma ne peut néanmoins s’appliquer à la RSE et aux parties prenantes chinoises, dont les besoins et les attentes ne sont pas les mêmes. Pour cela, les entreprises chinoises doivent trouver leurs propres modèles et surtout, développer une pensée plus flexible et innovante.

Afin de répondre à ces enjeux, les entreprises chinoises se doivent de construire {{LNK|une culture RSE propre|http://www.forbesindia.com/article/ckgsb/csr-in-china-domestic-enter-prises-outshine-mncs/33200/1}}, basée sur l’innovation, le partage de l’information et l’engagement des parties prenantes. Cette nouvelle culture leur permettra de rattraper leur retard et de combler leur manque d’expérience et de connaissances

Enfin, si vous désirez approfondir le sujet, je vous recommande la lecture du magazine de la chambre de commerce et d’industrie en Chine dédié à la RSE. Il date de 2009 mais regorge d’informations et de cas pratiques extrêmement intéressants et vous le trouverez en téléchargement en fin d’actualité.


Download the attached file: Connexions - RSE en Chine.pdf


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