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Mécénat : 100 entreprises françaises donnent 1 % de leur chiffre d'affaires à des ONG environnementales

Dépêche AEDD n°10929
Paris, Jeudi 7 juillet 2011, 14:26:42

« Le principe du '1 % pour la planète' est que l'entreprise donne 1 % de son chiffre d'affaires à des ONG environnementales agréées. En retour, l'entreprise peut utiliser le logo du club », explique Jacques Fath, consultant en marketing et co-fondateur du salon Planète durable, représentant français du club « 1 % pour la planète », qui s'est réuni lundi 4 juillet 2011 à Paris. Dans une interview accordée à AEDD, il revient sur cette initiative lancée en 2002 par l'entreprise américaine Patagonia, basée sur la philosophie philanthrope américaine. « Le cumul des dons s'élève aujourd'hui à plus de 70 millions de dollars. En 2010, 22 millions de dollars ont été reversés à des ONG, soit une hausse de 40 % par rapport à 2009 », indique le club. En France, une centaine d'entreprises soutiennent 180 associations.

AEDD : Quel est l'objectif de « 1 % pour la planète » ?

Jacques Fath : L'initiative 1 % pour la planète a été lancée en 2002 par Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia, enseigne américaine de vêtements pour les activités de plein air. Par conviction personnelle, il a décidé de soutenir la cause environnementale sur le modèle de la philanthropie américaine. Il part du constat que les entreprises ont forcément un impact sur l'environnement, que les gouvernements ne font rien, et que la meilleure façon de soutenir les citoyens qui agissent est de participer au financement des ONG.

Le principe est que l'entreprise donne 1 % de son chiffre d'affaires à des ONG environnementales agréées. En retour, l'entreprise peut utiliser le logo « 1 % pour la planète ». Après l'avoir appliqué à sa propre entreprise, le fondateur de Patagonia a souhaité partager son savoir-faire. L'initiative regroupe aujourd'hui 1 471 entreprises dans 44 pays, dont près de 250 en Europe.

AEDD : Comment les ONG sont-elles agréées ?

Jacques Fath : En général, elles sont recommandées par des entreprises adhérentes. Elle doivent être des associations à but non lucratif dont l'objet est la protection de l'environnement. Une fois sur la liste, d'autres entreprises peuvent les choisir pour les parrainer. Aujourd'hui, 2 500 associations sont agréées.

Le rôle de 1 % pour la planète est uniquement de « fluidifier » les relations entre les entreprises membres, les ONG bénéficiaires, et les partenaires ONG en attente de financement, et de vérifier que les contributions ont bien été versées.

AEDD : S'agit-il de RSE ou de mécénat ?

Jacques Fath : Il s'agit bien de mécénat à l'américaine. La RSE est une pratique comptable, qui n'est pas intéressante. 1 % pour la planète est une opération très simple et impliquante. Une sorte de taxe volontaire minimum que les entreprises doivent rendre à la nature. Cela les pousse également à comprendre et connaître le travail des ONG. L'ancrage est volontairement plutôt environnemental que sociétal.

AEDD : Quel est l'état des lieux de la participation en France ?

Jacques Fath : Une centaine d'entreprises sont désormais membres en France. Il y en avait 17 en 2007. C'est le troisième pays derrière les États-Unis et le Canada. L'UE en rassemble plus de 200. Après sa création, le premier membre français a été le magazine Nautilus. Aujourd'hui, Léa Nature (marque Jardin bio, So'bio, Etic, Biovie, Lift'argan, Biosytsem) est le donateur le plus important en France et en Europe. Au total, l'entreprise a distribué 1,4 million d'euros de chiffre d'affaires à 120 associations environnementales. Elle est suivie notamment de l'agence d'architecture XXL et de la société de services informatiques Xymox. 350 000 euros ont été récoltés l'année dernière.

Parmi les 180 associations françaises bénéficiant de dons, il y a FNE, les Amis de la Terre, WWF, la Fnab, Inf'OGM… Les plus dotées sont l'association Colibris (Mouvement pour la Terre et l'humanisme), la fondation de Yann Arthus-Bertrand Good planet et l'association spécialisée dans la pollution aux pesticides Générations futures.

AEDD : Il s'agit de petites entreprises au chiffre d'affaires plutôt modeste. Comment faites-vous pour en convaincre d'autres ?

Jacques Fath : Certaines ne sont pas si petites. Il ne faut pas rêver, nous n'aurons jamais les entreprises du CAC40. Nous n'irons pas les chercher, tant mieux si elles viennent un jour. Nous avons commencer à démarcher des entreprises. Elles sont attirées par le logo, qui représente un avantage au niveau du marketing. Nous utilisons nous-mêmes les outils du marché et les codes éculés du développement durable pour intéresser les entreprises et sensibiliser le public.

Pour en savoir plus sur 1 % pour la planète : http://www.onepercentfortheplanet.org/fr/

Pour accéder aux dépêches de l'agence d'informations AEDD : www.aedd.fr

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