Register Sign In

New to Wizness Community?

Join Wizness to exchange best-practices and collaborate with peers about the latest topics in the Sustainability world.

La croissance verte chinoise et ses opportunités pour les entreprises françaises

« La Chine, qui vient de détrôner le Japon au 2ème rang mondial des puissances économiques, est parfois conspuée par certains media en Occident pour sa négligence de l’environnement et des classes défavorisées de sa population. La pénurie croissante des ressources naturelles liée à une pollution récurrente menace en effet la qualité de vie de la population, ainsi que la stabilité de la société, en Chine, mais aussi dans le reste du monde. Dans le même temps, le développement économique éclair de la Chine, l’urbanisation massive et les besoins croissants de la population chinoise exercent une pression de plus en plus forte sur l’environnement ». Ce discours d’introduction de la conférence de rentrée du China Institute le 5 Octobre dernier, énoncé par son Président Eric Anziani, synthétise les difficultés auxquelles la Chine va devoir faire face à plus moins long terme afin de parvenir à un mode de développement plus soutenable.


Or, loin de la vision manichéenne que peuvent donner certains média occidentaux, la Chine a réalisé des efforts considérables pour tenter d’initier une croissance verte plus respectueuse de l’environnement et plus bénéfique au bien-être social et économique de ses citoyens. Le {{LNK|China Institute|http://www.china-institute.org/}}, nouveau think-tank dédié aux questions chinoises, a invité plusieurs personnalités prestigieuses spécialistes de la Chine et du Développement Durable pour expliquer « comment la Chine et la France peuvent apprendre l’une de l’autre et mettre à profit leur expertise respective en matière de croissance verte. »



Antoiné Frérot, Directeur Général de Veolia Environnement et premier invité à prendre la parole, insiste sur l’impression erronée des médias occidentaux. Selon lui et Laurence Tubiana, Fondatrice de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (Iddri), le bilan des actions environnementales de la Chine est contrasté mais présente des résultats significatifs :

• La Chine représente 30% de la population mondiale mais seulement 7% des ressources en eau : elle a donc appris à être économe et à optimiser son utilisation en « or bleu ». Aujourd’hui, elle produit deux fois plus de riz par hectare que l’Inde avec la même quantité d’eau, mais quatre fois moins que la Corée du Sud et dix fois moins que le Japon. Malgré ses efforts, une réelle marge d’amélioration est donc encore possible.

• La Chine est le premier producteur mondial de déchets, et 90% d’entre eux finissent malheureusement en décharges. Pour faire face à ce défi majeur, le gouvernement a décrété cet été que chaque province devait s’équiper d’un centre de traitement des déchets toxiques. A ce jour, 5 provinces ont déjà contacté des prestataires pour ce faire, traduisant une réactivité exemplaire.

• En matière d’urbanisation, 200 « villes nouvelles », ou « villes vertes » sont en court de construction dans tout le pays. Comme on peut également le voir à travers le slogan de l’exposition universelle de Shanghai, « Meilleure Vie, Meilleure Ville », l’écologie est le mot d’ordre du gouvernement pour répondre au défi de l’urbanisation massive chinoise.

• La Chine est le premier investisseur mondial en Recherche & Développement sur le sujet des énergies renouvelables, ses efforts pour développer son efficacité énergétique ayant dépassés ceux des Etats-Unis. Actuellement, 23 centrales nucléaires sont en construction dans le pays.

• Le débat environnemental réunit tous les ans une commission qui présente un compte rendu au Premier Ministre Chinois, Wen Jiabao. La lutte contre le changement climatique a été intégrée à l’agenda, ainsi que la lutte contre la déforestation (dont le programme est le plus grand du monde).

La Chine a pris conscience du défi environnemental auquel elle fait face et des actions à mettre en œuvre pour y répondre. Or, sur le modèle de son développement économique, la Chine ne souhaite pas passer par des étapes intermédiaires : elle veut le meilleur et tout de suite. Dépassant le simple statut de première usine du monde, elle vise désormais le statut de premier centre de recherche de la planète. Pour y parvenir, le conseiller politique de l’Ambassade de Chine en France, Zhu Liying, précise que la Chine devra répondre à des dilemmes majeurs, que les entreprises françaises peuvent aider (et ont tout intérêt !) à résoudre. Ces dilemmes sont au nombre de 3 :

1. Le dilemme entre développement économique et protection de l’environnement : une croissance verte ne doit pas signifier une croissance ralentie, qui ferait pâtir la population chinoise. Malgré son boom économique, la Chine reste un pays sous-développé : le PIB par habitants chinois représente un dixième du PIB par habitants français.

2. Le dilemme de sa consommation énergétique, qui augmente tous les ans à une vitesse alarmante. La première source d’énergie en Chine reste à 70% le charbon... ce qui ouvre la porte à une coopération sino-française dans le nucléaire civil.

3. Le dilemme lié à la mondialisation : la Chine supporte la pollution liée à la production industrielle de biens qui seront pour la majeure partie consommés hors de ses frontières. Les pays occidentaux ont en effet délocalisé leurs productions (et par là même les impacts environnementaux qui y sont liés) sur le sol chinois afin de minimiser leurs coûts de production, mais reprochent ensuite à la Chine la pollution générée par cette production. La fabrication de biens « écologiques » comme les panneaux solaires ou les voitures électriques utilise également des composants très polluants : la Chine ne souhaite donc pas supporter seule la responsabilité des pollutions liées à la production des biens de consommations occidentaux.

La Chine semble donc être à un tournant décisif en matière d’innovation écologique. D’après Chu Zhaogen, du magazine shanghaien Dongfang Zaobao, la Chine, « tiraillée entre ses impératifs économiques, démographiques, énergétiques et environnementaux » ne semble pas vouloir laisser aux Etats-Unis et à l’Europe l’opportunité de reprendre le leadership mondial en matière de croissance verte. En refusant de poursuivre sa course à la productivité « à l’ancienne », sur le vieux modèle des pays occidentaux, elle souhaite au contraire prendre le leadership et s’assurer une avance technologique gigantesque sur le reste du monde.

Les entreprises françaises auraient donc tout à gagner d’une coopération franco-chinoise en matière de « transferts technologiques, d’échange d’expériences et d’investissements » sur cette thématique devenue « cruciale pour les deux pays ». En effet, si la Chine a fait le pari que la croissance verte sera l’économie de demain, elle ne pourra néanmoins pas le tenir toute seule: les entreprises françaises doivent donc initier une coopération avec leurs homologues chinoises afin de répondre à ces enjeux planétaires ensemble. Comme le conclue Chi Zhaogen : « La mise en place dès maintenant d’une société autonome en ressources naturelles et soucieuse de son environnement est la seule solution garantissant à la Chine un développement durable».

Join Wizness now to:
  • Access the latest Sustainability news and events
  • Share and rate good pratices with peers
  • Collaborate around Sustainability main challenges