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Le travail des enfants en question

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#Decent Work #Human Rights
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) définit les enfants ouvriers comme « tous les enfants de moins de 12 ans ayant une activité économique, quelle qu’elle soit, les enfants de 12 à 14 ans effectuant plus que des travaux légers et tous les enfants subissant les pires formes de travail des enfants (esclavage, recrutement forcé, prostitution, traite, activités illicites contraintes ou activités dangereuses) ». De notre point de vue occidental, le travail des enfants est inacceptable et doit être vigoureusement combattu par les gouvernements, les institutions engagées dans le droit du travail, les associations et les entreprises. Néanmoins, éliminer toute forme de travail des enfants peut, « parfois », faire plus de mal que de bien…ce qui est très difficile à admettre dans nos pays. Essayons de comprendre les enjeux, les pour et les contre de ce houleux débat, qui continue à diviser nombre d’associations engagées dans la protection de l’enfance.




De nos jours, environ “158 millions d’enfants de 5 à 14 ans travaillent dans le monde », principalement en Asie (60%) et en Afrique Sub-saharienne (30%) estime l’{{LNK|UNICEF|http://www.unicef.org/protection/index_childlabour.html}}. Les enfants travaillent le plus souvent dans les pays pauvres car leurs revenus sont nécessaires pour soutenir leurs familles et leur permettre de survivre. La réalité étant ce qu’elle est, beaucoup de familles ne peuvent se passer de ces revenus complémentaires et encouragent leurs enfants à se rendre aux usines au lieu d’aller à écoles. Dans notre culture Occidentale, nous condamnons ces pratiques et développons quantité de programmes avec des associations ou institutions pour éradiquer le travail des enfants dans les usines du Tiers-Monde, sans comprendre que nous n’améliorons « pas toujours » le système et que nous sommes parfois en décalage avec la dure réalité de l’extrême pauvreté.

Le travail des enfants: les Contre

• Les enfants travaillent souvent dans des conditions extrêmement difficiles : longues journées de travail (entre 12 et 16 heures), nombreux accidents dus à des machines défectueuses, problèmes de santé suite à l’usage de produits dangereux, non-accès à l’eau potable ou à l’assainissement sur les lieux de travail. Les enfants qui ont évolué dans de pareilles conditions souffrent toutes leurs vies de troubles de santé, et meurent prématurément. Le travail des enfants dans ces conditions est bien entendu immoral, indéfendable, et inacceptable.

• A cause de leur jeune âge, les enfants coûtent moins chers à l’embauche, sont moins enclins à protester sur leurs conditions ou leurs salaires, et également plus faciles à licencier. Les entreprises, qui sont peu encadrées par les régulations locales, ont tendance à abuser de la situation et à littéralement les exploiter.

• Pendant que les enfants sont embauchés par les usines locales pour des salaires minimums, les adultes ont plus de mal à trouver des emplois face à leur concurrence. Ils peuvent se sentir improductifs et honteux de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles, alors que de jeunes enfants le peuvent, ce qui cause des troubles sociaux au sein des familles.

• En travaillant tous les jours, les enfants ratent l’école et l’éducation qui leurs permettrait de trouver un meilleur travail une fois adultes. Le travail des enfants est donc un facteur de pérennisation de la pauvreté et de leur propre exploitation.


Le travail des enfants: les Pour

• Le travail des enfants est une nécessité pour de nombreuses familles qui ne gagnent pas suffisamment pour subvenir aux besoins essentiels à leur survie. « La pauvreté est la première cause du travail des enfants » et « moins les parents sont éduqués, plus ils auront tendance à envoyer leurs enfants travailler » explique {{LNK|Werner Haas|http://www.associatedcontent.com/article/87595/the_pros_and_cons_of_child_labor.html?cat=9}}. Dans certaines régions, des familles sont obligées d’envoyer leurs enfants à l’usine pour pouvoir les nourrir, ce qui est bien-sûr tragique…mais reflète la dure réalité !

• Les enfants qui travaillent ne sont pas tous obligatoirement exploités, évoluant dans des environnements sordides dignes des romans de Charles Dickens : certains peuvent travailler avec leurs parents au sein du commerce familial, et donnent un coup de main dans des restaurants ou des boutiques. Cette forme de travail est vue comme une « participation » dans certaines cultures, et a toujours fait partie de la vie quotidienne de nombreuses sociétés depuis toujours.

• Dans certains cas, les programmes de régulation peuvent faire plus de mal que de bien, comme par exemple lors du cas présenté par {{LNK|Toby Webb|http://ethicalcorp.blogspot.com/2010/07/back-in-2002-i-used-to-run-workshops.html?utm_source=http://communicator.ethicalcorp.com/lz/&utm_medium=email&utm_campaign=EC+News+28+07+10&utm_term=Collaboration+delivers+for+Greenpeace+and+Cargill&utm_content=458057}} au Pakistan. Des entreprises interdisent le travail des enfants au sein de leurs usines, sous la pression de leurs consommateurs occidentaux. Les enfants se retrouvent sans emploi du jour au lendemain, et finissent par se faire embaucher par d’autres industries moins scrupuleuses mais beaucoup plus dangereuses pour eux comme la métallurgie, au sein de laquelle ils sont moins payés et où les conditions sont plus précaires. Certains enfants sont même tentés de rejoindre des réseaux de criminalité ou de prostitution. Le secteur textile apparait plus souhaitable que ces alternatives.

Le travail des enfants pourrait être toléré dans certaines conditions: que le travail soit approprié, sécurisé, non dangereux, qu’il n’interfère pas sur la santé et le développement des enfants, et enfin que ces derniers aient le temps d’aller à l’école. Dans le contexte actuel de mondialisation intensive et de crise économique, le prix est un facteur d’achat déterminant pour les consommateurs. Les entreprises vont donc avoir tendance à minimiser leurs coûts, et certaines vont être tentées de continuer à avoir recours au travail des enfants. Un compromis pourrait être envisageable: les entreprises, associations et gouvernements pourraient mettre en place, comme c’est le cas au Brésil, des programmes qui divisent le temps des enfants entre leur travail à l’usine permettant d’aider leurs familles et leur apprentissage scolaire, unique chance pour eux de construire un meilleur avenir. Est-ce, comme le propose {{LNK|Toby Webb|http://ethicalcorp.blogspot.com/2009/09/when-is-child-labour-acceptable-when.html}}, la meilleure des mauvaises solutions ?

Néanmoins, il serait intéressant de s’interroger sur l’influence des consommateurs occidentaux, qui souhaitent constamment acheter au plus bas prix mais qui condamnent dans le même temps le travail des enfants ou la pollution de l’environnement. L’importance qu’a prise le commerce équitable ou l’agriculture bio ces dernières années montre bien que les consommateurs ont un rôle à jouer et sont enfin prêts à prendre conscience de l’impact de leurs achats sur les enjeux sociétaux de leur planète.

Si vous souhaitez réagir à ce sujet, n’hésitez pas à {{LNK|rejoindre la discussion dans le forum|https://www.wizness.com/wizness/go.asp?u=/pub/Posts&pm=0&sm=5&fmode=5&ThreadNo=3&Statut=1}} !


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