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Débat européen autour de l'objectif de réduction d'émissions de CO2

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#Climate Change
Le 26 Mai dernier, la Commission Européenne publiait une communication intitulée « Politique Climatique Internationale L’après Copenhague» plaidant pour que les pays membres réévaluent leur objectif de réduction de CO2 à 30 % pour 2020. L’objectif initialement prévu par le Protocole de Kyoto et le paquet « Climat-Energie » de l’Union Européenne était une baisse de 20% par rapport au taux de 1990. Le Protocole expirant en 2012, Connie Hedegaard, Commissaire chargée de l’action climatique, espérait relancer les négociations sur le changement climatique. Elle a néanmoins du faire machine arrière quelques jours plus tard face au refus de l’Allemagne et de la France de désavantager davantage leurs économies, suffisamment mises à l’épreuve par la crise économique.




Selon le {{LNK|GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)|http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm}}, si nous voulons limiter le réchauffement climatique de la Terre à 2°C, il faudrait baisser les émissions de dioxyde de carbone pour l’ensemble des pays développés, de 25 à 40 % en 2020 (comparé au taux de 1990). Dans ce contexte, et suite à l’échec des négociations de Copenhague, la Commissaire Européenne au Changement Climatique propose une réduction de 30 % pour 2020, ce qui représente un objectif « à la fois abordable et faisable d'un point de vue technique ».

Mais les ambitions de Connie Hedegaard n’ont malheureusement pas été entendues. En effet, sa note a été publiée au moment où l’Allemagne s’apprêtait à demander une « pause dans l’effort climatique » et où la France reitérait ses demandes pour inclure les importateurs dans les échanges de quotas d’émissions de carbone. Les avantages mis en avant par la Commissaire Européenne étaient pourtant sensés rallier les pays les plus soucieux de leurs compétitivités économiques .

En effet, « grâce » à la crise économique, les émissions de CO2 ont significativement baissé et entrainé ainsi la chute du prix du CO2 au sein de l’ETS (Système d’Echange de Quotas) . Il en résulte que le coût global pour atteindre l’objectif initial de 20 % a également baissé, passant de 70 à 48 milliards d’euros par an d’ici 2010. L’objectif de 30 % représente quant à lui un coût de 81 milliards d’euros par an pour la même période. Connie Hedegaard souhaitait profiter de cette relative économie, et, rappelle dans son rapport que l’Union Européenne s’est fixée à long terme un objectif très ambitieux par rapport à l’objectif actuel (l’objectif de réduction d’émissions de CO2 pour 2050 est compris entre 80 et 95% par rapport au taux de 1990). Enfin, la Commission précise que les efforts à accomplir par les secteurs économiques « restent largement les mêmes que pour l’objectif de 20 % ».

Les grandes ONG, comme {{LNK|Les Amis de la Terre|http://www.amisdelaterre.org/}} ou {{LNK|WWF France|http://www.wwf.fr/}} ont salué l’initiative de la Commission, tout en regrettant que l’effort ne soit pas plus significatif. Les associations environnementales ambitionnent en effet un objectif de 40 % de réduction de CO2 pour les pays développés.

Pourquoi l’Allemagne et la France s’opposent-elles donc à ce nouvel objectif ?

Comme cet article l’a souligné, l’Allemagne souhaite « faire une pause dans l’effort climatique ». Le ministre de l’Economie allemand, Rainer Brûderle, a estimé que l’économie du pays avait déjà suffisament souffert de la crise économique, et qu’il ne fallait absolument pas la « désavantager » davantage. Certaines organisations professionnelles comme {{LNK|Business Europe|http://www.businesseurope.eu/Content/Default.asp?}} ou {{LNK|Eurofer|http://www.eurofer.org/}} partagent cet avis, et cherchent à préserver leurs compétitivités.

La France, rejointe par l’Italie, s’inquiète quant à elle du risque de « fuite de carbone » du secteur industriel, qui pourrait profiter du dumping environnemental de certains pays pour délocaliser leurs usines. La Commission assure cependant que ce risque ne serait pas plus élevé avec un objectif de 30% qu’avec un objectif de 20 %, dans le cas où tous les pays s’accordaient sur un objectif commun et suivaient leurs promesses de Copenhague. Suite aux nombreux débats qui se sont déroulés lors de cette conférence, et suite à l’absence d’un accord global entre tous les acteurs, les industries les plus polluantes peuvent toujours être tentées de délocaliser leurs usines vers des économies moins contraignantes en matière de réduction de CO2, comme la Chine ou le Brésil. La France pousse donc la Commission à créer une taxe carbone aux frontières de l’Union Européenne pour les importateurs de produits issus de ces pays, projet qui n’a à ce jour jamais été accepté car s’apparentant à du protectionnisme.

Ce dernier point illustre l’importance d’un accord commun et international pour faire face à l’enjeu climatique. Comme le précise Connie Hedegaard : « Une offre conditionnelle reste la meilleure stratégie pour amener les autres pays à offrir plus dans les négociations internationales, malgré les critiques qui disent que cette approche n'a jusqu'ici obtenu que peu de résultats ». Le prochain rendez-vous des négociations est fixé à Cancun du 29 Novembre au 10 Décembre 2010. Le Conseil Européen doit quant à lui étudier la proposition de la Commission Européenne le 21 Juin prochain, pour une décision finale en Octobre. Nous en saurons plus à ce moment là sur les objectifs de réduction d’émissions de carbone des pays de l’Union Européenne.

{{LNK|Visiter le site de la Commission Européenne|http://ec.europa.eu/index_fr.htm}}


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